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Images en poésie

Les photos suivantes sont accompagnées de textes courts ou de poèmes inspirés par l’image. J’ai baptisé cette mécanique créative « phoème ».

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Vous aimez les phoèmes ? Bientôt, un recueil de ces association photo/poésie sera publié !

Les hordes de l’asphalte

Elles sont là, peinant à sortir de la pénombre, la tranchant de leurs feux. Elles lorgnent l’Homme perdu dans l’attente. Ces bêtes-là attaquent en meute : elles s’agglutinent jusqu’à l’étouffement de la proie. La seule défense connue à ce jour est la patience.

Tapis fin

Ils dévaleront du ciel, les symboles de la fin, nous rappelant que toute chose finit sa course à terre dans une ivresse sans vie. Ils se rassembleront là, témoins muets de la vie qui va, qui reviendra, nous jetant au fond de la prunelle leur présence brune et immobile, creusant nos pensées pour leur donner la forme d’un instant qui s’en va. Eux aussi, un jour, s’en iront hors du jour, laissant la place à la vie nouvelle qui arrive bientôt en gazouillant.

Ambitions félines

Dorlotée par les croustillantes mémoires de l’enfance, l’épouvante se berce aux crochets du souvenir. Blottie dans la douce nostalgie d’un vieux meuble, la terreur s’achève, comme le jour finit, dans un ronronnement las. L’esprit s’égare dans le le rêve trouble du guerrier au repos. Ce qu’il y verra est gardé par des griffes acérées, que la fraîcheur d’une nuit d’été escortera jusqu’au lever du jour.

La destruction et l’évasion

Les murs que l’on rencontre sont parfois bien trop épais. Ils ont beau être anciens et fissurés, ils se dressent, avec la fierté des dolmens, en travers de notre chemin. Il est vrai qu’on peut toujours s’équiper de manière adéquate, flirter avec la destruction et abattre ces remparts. J’ai toujours préféré la manière douce : longer la muraille en la caressant du bout des doigts, sentir sa rugosité s’affirmer, espérer l’ouverture et l’atteindre enfin. Une fenêtre suffira pour s’évader et gagner d’autres cieux.

Extinction des feux

Certains jours où fane la rose, je fais bouillonner mon sang dans les prairies assommées de soleil. Cela fait monter la rage en pression, ses accès résistent mal aux hautes températures. Toutefois, il arrive que, par un drôle d’effet secondaire, je me retrouve tirant la cordelette qui se laisse pendre de l’astre d’or. Il n’en faut pas plus pour transmuter l’or en ébène. L’énorme boule d’ombre extirpe ma colère et, alors que je pousse pour l’y aider, parmi mes hurlements un cri différent retentit. Je redescends lentement là où m’accueillent les fleurs, pendant que le soleil, à la splendeur retrouvée, berce l’enfant nouvellement née. Quand il ira se coucher, il la lâchera sur le monde, qui sait ce qu’elle trouvera sous la lueur pâle des étoiles frémissantes ?

Le bain de Thot

Il a vu passer tant de choses depuis le règne des dieux jusqu’à la chute des hommes. Il feint d’en inscrire certaines sur ses tablettes, comme pour leur donner de l’importance. Ses yeux d’ébène ont déjà tout enregistré dans la nuit. Il flotte, l’air hagard, suivant machinalement le même itinéraire pour ne pas y prêter attention. Drapé de quelques nuages, il pense au jour qui va se lever : que reste-t-il à raconter ? Quel nouvel éclairage apportera la lumière du jour naissant ? Les ombres protestent : le soleil a bien assez d’attention, elles veulent leur part. Elles s’enroulent en une soie veloutée et viennent se lover autour de leurs plus beaux bijoux. Les étoiles, en un éclat, glacent l’instant dans une poudre scintillante. Tout ce spectacle lui est vain, rien des splendeurs de la nuit ne lui échappe, il les connaît sous leur moindre repli. À l’aise, il laisse choir les nuages pour se plonger dans le bleu nuit. Au loin, le hululement d’un hibou accompagne la délicatesse d’un corps lumineux plongé dans les méandres de l’obscur.

Le heurtoir

Le gardien des songes, posé sur le socle de l’envie, ronge son frein. Qu’une main aventureuse ose venir cogner contre le bois dur, il l’avalera s’il le peut. Il est tentation : que trouvera-t-on si l’on parvient à tromper sa vigilance ? Des secrets de minuit, des mystères envolés, le trésor inouï du dragon endormi. Il est repoussoir : qui approchera, à pas de loup, sa gueule renfrognée ? Caresser le danger, d’une main ferme et assurée, est l’affaire d’âmes expertes. J’ai aperçu, un jour qu’il entrebaillait de sommeil, l’enfant qui dansait derrière la porte. Explorant le monde, il dominait, entre quatre murs, le royaume des adultes. D’un clin d’oeil, il me confia qu’il avait l’allure du désir enfoui derrière mes yeux baveux. J’ai tourné de l’oeil et il s’est évaporé jusqu’au panorama du prochain regard.

Le bout du tunnel

Certains lieux où l’on perd son latin sont si sombres que les locutions nous assaillent. A priori gratte le haut du crâne pendant qu’a fortiori ramasse l’angoisse en boule dans la gorge. C’est in fine, tapi dans l’ombre, qui tisse patiemment son embuscade. L’ad hoc compatissant nous tirera par le bras. Un bout de ciel n’aura jamais paru si grand, ni les pieds dans l’herbe si agréables. L’esprit vide flotte dans ce sursis, attiré par le jour comme un insecte perdu dans la nuit.

Un vent de liberté

La brise lustre au chiffon doux l’envie de passer les vitesses. Mettre le contact avant que le jour s’éteigne. Blindé par l’armure de nos envies, contempler le serpent qui ondule sous la chaleur. Rien ne prépare mieux à sa grande chevauchée que le ronflement continu d’un moteur qui s’echauffe. À l’expiration d’un sourire, la première s’enclenche d’elle-même, comme aspiré par la route. Sans savoir jusqu’où on ira, déchaîner les vrombissements de la passion en titillant l’accélérateur. En laissant ses entraves au paysage qui défile, on peut devenir un boulet projeté vers la soif de vivre et dévorer dans l’air les étoiles naissantes. Il s’agit de croire que l’on peut vivre sans se retourner, comme si demain n’était pas encore né, jusqu’à ce que le besoin de voir le chemin parcouru soit plus fort que la faim.

Le paon

Quand tant de dames se pâment, soyez assurés que la douce mélodie qui provoque l’émoi n’est que le chant de la sirène. Ce cri du cœur plonge au loin dans un océan dont la traversée ne se fait qu’en solitaire. C’est un drôle d’oiseau qui l’a poussé : élégant, coiffé d’un sobre couvre-chef, il traîne dans son sillage le fardeau de son existence. Dès qu’il en a l’occasion, il le déploie et se pavane devant ses exploits. Force est de constater que le vaniteux a quelque raison de faire le fier. On se demande seulement s’il en a encore conscience tellement il est obsédé par ce qu’il a sous les yeux. Conquérant de la beauté, il laisse derrière lui ses trophées et s’apprête, déjà, à pousser un nouveau cri.

Parmi les piques

Des hordes désordonnées l’entourent, elles étaient là avant sa naissance, elles seront là après son départ. Là d’où elle vient, l’hospitalité n’est pas de mise et ils sont nombreux à se dresser, fiers et farouches. Même s’ils la piquent et ont pu la blesser parfois, elle aime à être dans leurs rangs, cela lui rappelle le temps où elle était fleur, canon de beauté de la part la plus hargneuse. Aujourd’hui encore, même si elle se laisse couler, sa dignité la drape d’une couleur qui fait pâlir d’envie tout son entourage.

Nourricière

Des formes généreuses emplies d’une chair tendre se tiennent droites et sereines dans la prairie. Mère universelle dont la vie transpire à chaque respiration, tu nourrirais la Terre entière si on te le demandait, pour peu qu’on prenne soin de toi. Que sais-tu de ton enclos de belle vie ? La créature cachée dans les épineux, qui t’épie à ton insu, pourrait t’en apprendre de belles ! Pourtant, rien ne semble pouvoir troubler ton repas paisible : tu broutes ton innocence avec une nonchalance qui fait sourire les papillons.

Vieilles pierres

Empilées avec soin pour grandir le mur, lourdes de solidarité, elles opposent la plus vive resistance au mouvement. Le temps s’en leste, dansant en de lentes arabesques, et fige tout élan. La vie végétale seule, gracile et insondable, séjourne encore dans des interstices où l’on ne passerait le petit doigt. La verte parade défile en rondeur, jamais la roche n’arrondit son arrête ni ne s’écarte sur ton passage.

Rosée soyeuse des bois

Toutes ces petites mains, réfugiées dans l’envers des décors, tissent la soie délicate loin des regards indiscrets. Qu’une main aventureuse l’expose aux nues et la rosée en tombe pour venir l’embrasser. Au fond, le bois s’en fout, abreuvé de ses veines éternelles, stoïque et chaleureux.

Plus sombre la route

Regarde au loin et vois qui surgit des méandres d’une route solitaire. Il a revêtu son armure de métal et se fait précéder de la lumière du soleil. Tend l’oreille et entend, sur son passage, le vacarme de tous les diables qui effraie les ennemis de sa progression. Sois agile, prépare-toi, sois prêt : qui sait ce qui arrivera lorsqu’il sera sur toi !

Entre loup et chien

De bon matin, il a surgi des fourrés, gardien éternel des campagnes. Il était tôt, il ne savait plus bien ce qu’il devait défendre avec hargne.

18 02 59

Gare. Lieu d’arrivée et de départ, où fourmille l’humain avec une excitation fébrile. La ponctualité y devient fatalité et le retard un échec. Pour l’usager comme pour la locomotive, ceux qui restent à quai n’ont guère d’autres choix que de stagner comme des vaisseaux naufragés ou d’errer comme des âmes en peine. Se découvre alors parfois une désolation toute urbaine, où seule l’invitation au voyage hante encore les lieux.

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