HAIKUS ET POEMES COURTS

Dans le jour blême coule un rêve,

je m’enracine à ton ciel nu,

laissant les feuilles mortes à terre


Sur la ligne verte passent les pétales du temps

Qui déposent sur ta joue les mémoires d’un symbole d’amour


J’ai fait un rêve fou qui m’emportait au milieu de la nuit

Il s’est noyé dans les larmes d’un enfant


Aujourd’hui il pleut

Les rêves détrempés apprennent à danser

Demain il fera beau


Tes yeux me percent jusqu’au fin fond

Ils emportent un peu de moi

Chaque fois que tu détournes le regard


Dans l’épais brouillard d’un écran de fumée que j’avais soufflée jadis

Je me suis retrouvé

Ta main filait, glissant sur la mienne


L’ancien volcan dont la lave gronde encore parfois

Aspire à devenir montagne et s’élance vers le ciel


La douce caresse devenue vicieuse

S’est glissée entre nous

Mordant tout sur son passage


Cherchant un peu de chaleur pour se rassurer

Il plongea dans les flammes sans s’en apercevoir


Mille pardon ne suffisent à reconstruire l’innocence

L’amour blessé bat de l’aile mais vit encore


Dans le jour nouveau-né se nouent les minutes surannées,

Némésis s’en vient clore les narcisses,

Les aînés clignent de l’œil


Les mots se noient dans un rayon de soleil

La bouche fermée reçoit la lumière

Les lèvres dessinées vont bécoter les papillons


Dans l’heure d’or mon ombre

Tranche la lumière je m’en vais

Ma raison dans la poche de mon veston


A la surface de l’iris bleu

Flotte comme une vague sensation

L’onde d’un ancien plongeon


Des frissons dans ton sommeil

Bousculent les dragons fous

Qui hantent les nuits de celui qui veille


Saisis la nuit avant qu’elle te morde

Préfère le rêve à la terreur nocturne

Funéraire tu t’ouvres comme une urne


Le jour perd la tête, un instant

Le temps est venu se percher

Sur une branche à ma portée

Je le regarde s’enfuir sans bouger


Il y a derrière tes yeux

Quelque chose de grand

Et inquiétant, qui te dépasse, un prédateur

Qui m’a fait proie, un dévoreur

Qui, lui aussi, s’est posé sur moi

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